21 avril 2026

Découvrez la course camarguaise – une grande tradition locale

21 avril 2026
En Camargue, le taureau est bien plus qu’un animal : il est un symbole de la région, intimement lié à ses paysages, à ses traditions et à la vie des villages. De la fin du printemps jusqu’à la fin de l’été, presque chaque village autour de La Maison d'à Côté célèbre sa fête votive, et au cœur de ces festivités se trouve l’une des plus anciennes et des plus singulières traditions camarguaises : la course camarguaise.

Pour les visiteurs qui ne la connaissent pas, le mot « arènes » peut naturellement susciter certaines inquiétudes. Pourtant, la course camarguaise est très différente des corridas espagnoles que beaucoup imaginent. Ici, le taureau n’est ni blessé ni tué. En réalité, la véritable vedette du spectacle n’est pas l’homme, mais le taureau lui-même.

Cette tradition remonte à plusieurs siècles et est profondément enracinée dans la culture du Gard et de la Camargue. Lors d’une course camarguaise, de jeunes hommes spécialement entraînés, appelés raseteurs, entrent dans l’arène vêtus de blanc. Leur objectif est d’attraper les attributs fixés entre les cornes du taureau : cocarde, glands ou ficelles. Le taureau, élevé spécialement pour cette pratique, utilise sa vitesse, son intelligence et son agilité pour les éviter. Les meilleurs taureaux deviennent de véritables célébrités locales, admirés pour leur caractère et leur ruse. Certains participent aux courses pendant de nombreuses années et sont évoqués avec un véritable respect et beaucoup d’affection. Les plus célèbres ont même leur statue érigée dans les villages où ils se sont illustrés.

Vous remarquerez très vite que l’ambiance n’est pas tournée contre l’animal, mais au contraire fondée sur l’admiration. Le public applaudit lorsqu’un raseteur réussit, mais il applaudit souvent encore plus fort lorsqu’un taureau particulièrement malin ou spectaculaire déjoue tous les pièges. Des noms comme Goya, Vovo ou Le Sanglier sont restés dans les mémoires comme de véritables héros sportifs, et leurs exploits sont racontés bien longtemps après leur passage dans l’arène.

De la fin du printemps à la fin de l’été, les villages autour d’Aimargues, du Cailar, de Vauvert, de Saint-Laurent-d’Aigouze, d’Aubais et bien d’autres encore s’animent chacun leur tour avec leur propre fête votive. Chacun possède son programme, mais le rythme de la journée reste souvent le même, et il règne une merveilleuse atmosphère de village à village, chacun venant participer à la fête des autres. Si Aimargues célèbre sa fête, les habitants du Cailar ou de Vauvert viendront y assister. Quelques jours plus tard, ce sera au tour d’un autre village d’accueillir tout le monde.

La journée commence souvent vers midi avec l’abrivado. C’est l’un des moments les plus spectaculaires et les plus emblématiques de la fête. Les taureaux sont amenés depuis les prés environnants jusqu’au village par les gardians, les célèbres cavaliers camarguais, vêtus de leur tenue traditionnelle et montés sur leurs chevaux blancs. Les taureaux traversent les rues du village entourés des cavaliers, tandis que les habitants et les visiteurs se massent le long des barrières pour regarder. Les plus téméraires tenteront de courir devant les taureaux ou de les provoquer avant de s’enfuir, tandis que les autres préfèreront observer la scène derrière les barrières, un verre à la main. Il y a de l’excitation, des rires et juste ce qu’il faut d’imprévu pour maintenir tout le monde en haleine.

L’après-midi a lieu la course camarguaise elle-même, dans les arènes du village. Même si l’on connaît peu cette tradition, il est difficile de ne pas se laisser emporter par l’ambiance : la musique, les commentaires, les encouragements du public et les brusques accélérations lorsque les raseteurs traversent le sable à toute vitesse, poursuivis de près par le taureau. C’est spectaculaire, plein d’adresse et absolument unique.

Puis, lorsque la chaleur retombe et que les cafés se remplissent, vient en début de soirée la bandido. C’est en quelque sorte l’inverse de l’abrivado : les taureaux sont reconduits à travers les rues avant de regagner leurs prés. Une nouvelle fois, l’ambiance est électrique, les rues sont pleines et certains essaient encore de tester leur courage. À ce moment-là, le village est totalement plongé dans sa fête, avec les orchestres, les manèges, les stands de nourriture et les familles qui profitent des festivités jusque tard dans la nuit.

Une autre tradition à ne pas manquer est le célèbre taureau piscine. Organisé lors de certaines fêtes votives, il fait intervenir de jeunes taureaux dans une petite arène où une piscine improvisée a été installée au centre. Les jeunes – et parfois quelques adultes qui devraient pourtant être plus prudents – entrent dans l’arène pour participer à des jeux, éviter les taureaux et, très souvent, finir par plonger dans la piscine pour leur échapper. C’est bruyant, drôle et très apprécié des enfants et des adolescents.

Assister à une fête votive et à une course camarguaise, c’est découvrir la Camargue dans ce qu’elle a de plus authentique. Il ne s’agit pas d’un spectacle organisé pour les touristes, mais d’une tradition vivante, profondément importante pour les habitants de la région. À la fois événement sportif, fête de village et célébration d’un mode de vie unique, c’est une expérience incontournable si vous séjournez à La Maison d'à Côté entre la fin du printemps et la fin de l’été.
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